Prix des biosimilaires : la France 42 % sous la moyenne européenne. L’ALMA dit stop à la destruction de la valeur

L’ALMA a réalisé une nouvelle comparaison des prix européens des médicaments biosimilaires. À l’exception de l’insuline asparte et du dénosumab, cette étude analyse l’ensemble des molécules[1] remboursées en ville. Elle compare les prix fabricants hors taxes en 2025 entre la France, l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie et le Royaume-Uni.

La France est le pays où les prix des biosimilaires sont les plus bas. En moyenne, le prix français par unité de dispensation[2] est inférieur de 42% à celui des 4 pays européens de référence, soit 200€ en France contre 347€ pour les 4 pays européens.

[1] L’insuline asparte et le dénosumab sont exclus du périmètre car certaines données ne sont pas disponibles dans tous les pays européens étudiés. Le périmètre de l’étude concerne 15 molécules : adalimumab, aflibercept, énoxaparine, épotéine, étanercept, filgrastim, follitropine alfa, insuline glargine, omalizumab, pegfilgrastim, ranibizumab, somatropine, teriparatide, tocilizumab et ustekinumab.

[2] Une unité de dispensation correspond, par exemple, à une seringue préremplie ou un flacon.

Cet écart de prix s’accentue pour les nouveaux biosimilaires : le prix des biosimilaires de l’Omalizumab est inférieur de 54% à la moyenne des prix européens, et celui des biosimilaires de l’Aflibercept décroche de 62%.

Ce décrochage de la France est la conséquence des baisses de prix successives pour maîtriser une dynamique de la dépense dont les médicaments à prix raisonnable ne sont pas responsables. S’y ajoute la contribution supplémentaire, qui sanctionne les économies au titre du développement des biosimilaires au lieu de les encourager. Cette situation dégrade l’attractivité de la France et menace le secteur des médicaments porteurs d’économies, dont la viabilité est indispensable à la préservation de notre modèle de protection sociale.

L’ALMA appelle les pouvoirs publics à mettre en place une régulation différenciée afin de maîtriser la dépense remboursée sans fragiliser davantage le secteur des médicaments porteurs d’économies. Pour ces médicaments, la régulation doit reposer sur davantage d’économies par les volumes et sur une moindre dépréciation de la valeur.

L’ALMA sollicite ainsi une minoration des décotes à l’inscription (actuellement comprises entre 40% et 60%), une réduction du montant des baisses de prix et l’extension de l’exonération de la contribution supplémentaire aux médicaments biosimilaires et hybrides.

Consciente des contraintes budgétaires, l’ALMA recommande de favoriser le recours aux médicaments moins onéreux à efficacité thérapeutique égale. Dans cette perspective, elle propose notamment d’introduire des budgets de prescription, de justifier les prescriptions en-dehors du périmètre des produits substituables, d’expérimenter un droit de substitution étendu et de réduire le délai d’entrée en vigueur de la substitution des médicaments biosimilaires et hybrides.

À l’heure où la soutenabilité de notre système de santé constitue un enjeu majeur, il est urgent de mobiliser pleinement les économies attendues du développement des médicaments à prix raisonnable, sans déprécier davantage leur valeur. Ces économies pourraient être réinvesties dans le système de santé (soutenabilité de la dépense, souveraineté sanitaire, professionnels de santé…).